lundi, 24 janvier 2005

Les Multiples facettes de l'internet santé

Arobase_1L'Union des Annonceurs et Isidore (association de sites internet santé) organisaient ce jeudi 20 janvier 2005, à Paris, un colloque sur les "multiples facettes de l'internet santé".

Il s'agissait en fait d'examiner d'une part, les divers usages de l'internet santé

(information pour les professionnels, pour les patients, formations professionnelles en ligne, présentations de laboratoires, d'associations de malades, aide contextuelle à la pratique médicale) et d'autre part, l'impact d'une action de communication quand cette dernière est associée à un site santé et la façon de l'optimiser en fonction des cibles, des messages, de la nature des sites, etc.

Près de 100 personnes étaient ainsi réunies, pour la plupart des représentants des agences de communication (santé), des annonceurs (produits pharmaceutiques) et des éditeurs (de sites web santé). L'organisation a invité votre serviteur, qu'elle en soit remerciée de tout coeur!

A l'occasion de ce colloque, le DMP a été souvent évoqué. Henri PARENT - directeur de recherche et valorisation à la Haute Autorité de Santé, a précisé que celle-ci était en cours de mise en marche. On retiendra surtout, l'intervention de Michel VILLAC - chef de la Mission pour l'informatisation du système de santé - au ministère des solidarités, de la santé et de la famille.

Michel VILLAC a rappelé les 4 objectifs pour l'e santé :
1°) améliorer la continuité des soins avec le DMP,
2°) faciliter l'accès à la connaissance en matière de recherche médicale et des usages thérapeutiques,
3°) étendre la connaissance en matière de santé publique,
4°) rembourser les soins plus vite et mieux.

L'idée est que l'on constate une forte asymétrie entre le médecin (détenteur du savoir) et le patient (en demande de savoir et de soins). L'internet peut réduire ce fossé et améliorer ainsi le dialogue nécessaire médecin - patient. Eric de Keyser - directeur de la communication de SOS hépatites - a d'ailleurs souligné que pour cette pathologie, le patient devient quasiment aussi informé que le médecin.

A l'issu de ce colloque, on comprend en quoi le DMP va devenir le pivot de l'internet santé, de part l'implication massive de patients et de médecins - à ce jour jamais égalée - de part le rôle modérateur de l'Etat (fortement impliqué dans le DMP), de part les usages nouveaux qu'il va engendrer - dans l'internet santé et dans la pratique médicale et la façon de recevoir des soins pour les patients.

PS : un seul journaliste était présent à cet événement intéressant. Heureusement que les blogs sont là ... surtout votre blog favori (un peu d'auto satisfaction pour commencer la semaine ;-)). Si ISIDORE publie un compte-rendu, je le placerai sur le blog.

Posted by Thierry Abiven on janvier 24, 2005 at 08:53 AM dans Dossier santé : compte-rendu événement | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

mercredi, 12 janvier 2005

IB Sud publie son compte-rendu 3/3

La journée de réflexion autour du DMP, organisé par IB Sud à Marseille, a été, je le rappelle, une réussite. Vous avez pu prendre connaissance de deux compte-rendus sur ce blog. En voici le dernier, provenant d'IB Sud.
http://www.ib-sud.com/club/rencontre/cr.php?id=1

Posted by Thierry Abiven on janvier 12, 2005 at 08:40 AM dans Dossier santé : compte-rendu événement | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

lundi, 13 décembre 2004

Journée de réflexion sur le dossier patient : partie 2/3

Voici un apercu du programme développé lors de cette journée à Marseille (en provenance directe du booklet remis à chaque participant).

Ib_sud_3



SESSION 1 : NORMES ET STANDARDS

A1 : "Un dossier médical en Ardèche" par L.Prax et Y. Kerein

A2 : "IHE : intégrer le SI dans le domaine de la santé : le profil XDS" par K. Bouquard

IHE (Integrating The Healthcare Enterprise), créé en 1998, a pour objectif de favoriser la mise en place d’échange d’informations médicales entre systèmes provenant d’éditeurs différents en utilisant des standards opérationnels. Basé sur des groupes de travail réunissant des utilisateurs et des industriels, IHE va à partir des besoins exprimés spécifier les processus d’échange d’informations et choisir les standards les plus appropriés pour réaliser ces fonctions.

Dans le cadre du partage de documents, IHE a défini un nouveau profil (XDS) qui définit la manière d’alimenter un « dossier médical » à partir de document et de les consulter. Pour cela quatre acteurs ont été identifiés : un premier acteur qui émet les documents qui seront consignés dans un index de documents et stockés dans un répertoire. Enfin le dernier acteur va utiliser les documents après une recherche multicritère.

Ce profil peut s’appliquer pour tout type de dossier médical, en intrahospitalier, pour les réseaux de santé mais aussi bien pour le Dossier Médical Personnel (DMP).

Il sera testé sur la prochaine plateforme de test IHE (le connectathon) qui aura lieu en avril 2005.

A3 : "Comment partager l'information et par qui doit-ele être partagée" par G. Domas

Les conditions sont plus que jamais favorables au partage de l’information en matière de Santé.

La possibilité d’utiliser les normes et standards existants est renforcée par la démarche très pragmatique d’IHE. Plusieurs domaines ont déjà bénéficié des travaux conduits au niveau international mais de grands chantiers nous attendent, dont le dossier patient. Pour atteindre un objectif de cohérence, de fiabilité et de sécurité, deux voies peuvent être suivies : améliorer les échanges entre systèmes indépendants ou déployer progressivement des outils intégrés couvrant tous les besoins.

Quel que soit le chemin suivi, il sera indispensable d’intégrer une approche workflow en définissant les acteurs et en automatisant les processus.

Cette approche est déjà une réalité dans 600 établissements de soins européens pour 250 000 professionnels utilisateurs.

A4 : "Le web sémantique : iner-opérabilité entre les systèmes" par M. Cuggia

SESSION 2 : DOSSIERS PARTAGES

B1 : Présentation d'un dossier partagé opérationnel par J. Cinqualbre

Un dossier médical électronique a été développé sur la base d’un langage interprété « LAP » (Langage d’application pratique) dont la particularité est de s’installer sans compilation spécifique aussi bien sur une plateforme PC que sur PDA type Pocket PC. Il récupère en natif toutes les évolutions logicielles de MS-DOS à Windows XP, afin d’intégrer l’historique complet des fragments de dossiers patients.  Le but est de permettre le suivi alterné de patients greffés entre le centre universitaire et un médecin référent, proche du domicile du patient. Il s’adapte à toute problématique médicale au sein d’une institution ou pour un fonctionnement en réseau. Destiné à la communication entre offreurs de soins, avec niveaux d’accès différenciés, il peut aussi être stocké sur une borne interactive placée, à titre temporaire, au domicile du patient.

Ce dossier répond aux critères communément admis, et présente des solutions originales :

  1. la sécurité avec compliance à la CNIL (fait) et à HIPAA ( en cours). Elle fait appel à un VPN et s’adapte aux systèmes de sécurité des divers protagonistes concernés.

  2. La capture des données alpha-numériques est automatique .

  3. Le système est indépendant des standards et protocoles de transmission (HL7, Hprim…) qu’il reconnaît et transforme assurant une interopérabilité totale. À cet effet, 3 dictionnaires s’auto incrémentent : sémantique, unités, échantillons.

  4. Le dossier se présente sur un écran unique rassemblant les résultats biologiques, les examens complémentaires, les rapports de sortie et les comptes-rendus d’interventions, accessibles par 3 clicks maximum.

  5. Le dossier est personnalisable au sein de l’institution, de l’unité de soins ou du praticien

  6. Le dossier est transférable par synchronisation « craddle » ou en WiFi sur tablet PC ou sur Pocket PC

B2 : "Portail de santé en cancérologie" par Hélène Cros-Le Gloan

L’Institut Paoli Calmettes : Centre Régional de Lutte contre le Cancer situé à Marseille s’est doté depuis de nombreuses années d’un dossier patient informatisé unique et partagé.

L’établissement a mis en place avec succès des alternatives à l’hospitalisation complète : hôpitaux de jour, hospitalisation à domicile. Il a eu la volonté de mettre à disposition, le dossier patient informatisé,  à l’ensemble des médecins internes ou externes à l’établissement   participant à la prise en charge du patient .

Pour développer la prise en charge en réseaux et la coordination avec la médecine de ville, un Portail de Santé en Cancérologie a été mis en place en septembre 2004 .

Il permet aux médecins, désignés par le patient d’accéder aux informations contenues dans le dossier médical de l’Institut Paoli Calmettes et concernant le patient .

Il s’agit d’un accès simple via Internet, gratuit et sécurisé par l’architecture technique et par l’utilisation de la carte CPS.

Le médecin peut s’inscrire directement via le site :

http://portail.institutpaolicalmettes.fr

B3 : "Le dossier médical informatisé et partagé" par E. Plaisant

Des progrès ont été réalisé Certaines techniques (Staffing) et l’ incorporation de thésaurus (CCAM,CIM10) ont augmenté la performance de celui-ci

La notion fondamentale du dossier est son partage.

Son intérêt est de participer à la réduction de la mortalité « médicale »

Notre communication portera sur 4 points :

  1. l’identification du patient : elle doit être unique ‘NIR ou Adresse IP)

  1. le dossier  patientest un recueild’informations et permet d’assurer la continuité des soins. Il comprend :

des consultations,

des examens complémentaires avec leurs résultats,

des dossiers d’hospitalisation avec un contenu est fixé par le décret n°92-329 du 30 mars 92

  1. la communication : diverses méthodes sont utilisées : CD rom avec viewer surtout en radiologie, le web, le client léger, ou les applications natives

  1. l’accès :seul le patient ou ses ayant droits en cas de décès donne l’accès à son dossier. Il est temporaire et sélectif et doit comprendre des possibilités d’identification et d’authentification

Malgré les désirs de notre ministre de tutelle les économies de santé viendront d’autres prélèvements…

B4 : "Technologies et interrogations autour du dossier images" par F. Piana

Cet article vise à présenter d’une part les  principales étapes néceassaires à la conception et mise en oeuvre d’un PACS et d’autre part celles conduisant au choix d’ un fournisseur.

Les principales étapes permettant de concevoir et de mettre en oeuvre un PACS sont :

  1. Identification des objectifs recherchés par l’Etablissement souhaitant mettre en oeuvre un PACS et les enjeux associés. A titre d’exemple et de façon non exhaustive : amélioration de la qualité globale des soins et de la prise en charge du patient, enjeux humains et organisationnels, enjeux économiques, enjeux médico-légaux...,

  1. Identifier de façon la plus large possible, les services “producteurs” d’images et les services cliniques qui seront les “utilisateurs” de façon à étudier de façon très précise les flux d’information entre ces différents acteurs

  1. Recenser les sources d’images à intégrer au PACS avec leurs caractéristiques, leurs statuts DICOM ou non, les volumes d’images générés par chaque source, et les flux de transmission générés.

  1. Etudier et définir les besoins des différents utilisateurs et acteurs en terme de capacité de stockage en ligne, modalités de revisualisation des images, diffusion auprès des cliniciens, intégration de votre PACS avec les systèmes d’informations existants : S.I.H, C.I.S, R.I.S....

  1. Etudier la nouvelle organisation devant etre mise en oeuvre de façon à accompagner la mise en place du PACS et à assurer les gains de productivité escomptés

  1. Analyser l’impact économique (économie de films, d’équipements de développement, augmentation de la qualité des soins....)

  1. Définir un planning de déploiement en fonction de vos objectifs et contraintes budgétaires

Les éléments techniques permettant de vous guider dans le choix du fournisseur sont :

  1. Capacité à proposer une solution vous permettant de gérer l’acquisition de tous types d’images : DICOM ou non, dynamiques ou statiques, signaux physiologiques (ECG, pressions), objets (fichiers sons....)

  1. Capacité à vous permettre de déployer un PACS qui à terme sera un outil pour l’ensemble de votre Etablissement et qui ne soit pas limité technologiquement  uniquement à certains services.

Vous devrez par ailleurs analyser les capacités techniques des différents fournisseurs en terme de :

  1. Choix technologique du serveur de stockage proposé : NAS, DAS, SAN...

  1. Choix du média d’archivage long terme  : SDLT, DVD et capacité à gérer la base de données des examens archivés

  1. Stratégie de sécurisation proposée

  1. Interfaces avec les systèmes d’information existants

B5 : "Diffusion de l'imagerie médicale hospitalière intra et extra muros" par P. Charlier

La présentation parcourt les différents aspects de ces nouveaux moyens de diffusion des images.

Entre autres, elle aborde les pré-requis, les standards et la chronologie des étapes à respecter afin de mettre en place un réseau d’image performant.

Les différents modes de diffusion des images sont également abordés et en conclusion quelques questions sont posées au sujet du financement et de l’intégration dans le DMP.


SESSION 3 : PROCESUS ET SYSTEMES D'INFORMATION

C1 : "Projet de télémammographie à Bruxelles" par Pr A-R Grivegnée

Tous les systèmes de santé sont confrontés à des difficultés croissantes de financement. Sous la triple pression des progrès médicaux et technologiques, du vieillissement de la population, du développement des moyens d’information et de communication, la demande médicale explose de même que les coûts des services.

Cette situation pousse les pouvoirs publics, les prestataires de soins et les organismes assureurs à envisager des stratégies qui permettent de contrôler les coûts tout en préservant l’accès aux progrès médicaux. Cette recherche d’efficience implique de rationaliser les pratiques et d’optimiser l’allocation des ressources.

Les progrès en imagerie médicale (passage à l’image numérique) et en technologie de l’information (transfert à haut débit) offrent désormais des possibilités diagnostiques plus sûres, plus rapides, plus performantes, ainsi que des solutions nouvelles pour les organisations hospitalières (stockage informatisé, services de garde télé-radiologique, exploitation de systèmes experts d’aide au diagnostic etc …). Le projet de recherche de télé mammographie financé par le Gouvernement de la Région Bruxelles-Capitale a pu montrer que de telles applications rencontrent des besoins réels.

Mais l’accès à ces technologies demande des investissements coûteux. Ceux-ci ne sont envisageables que dans une optique de partage de ressources. Un tel dispositif nécessite une structure centrale hautement qualifiée, indépendante des firmes leader dans le domaine et économiquement autonome.

A l’heure actuelle, une structure de ce type n’existe pas en Région bruxelloise.  Le présent projet à pour objectif la création d’une entreprise qui comble cette lacune.  Cette entreprise spécialisée en imagerie médicale et en télé médecine se donne pour missions de réaliser les investissements technologiques nécessaires, d’assurer leur exploitation commerciale et leur maintenance. Ce projet devra aussi créer  et développer des solutions répondant aux besoins des institutions de soins. Nous donnons à ce projet le nom de BruMedIm  («  Brussels Medical Imaging »).

C2 : "Pertinence de l'approche processus avant, pendant et après la mise en place d'un SI

La connaissance des processus de l’entreprise est un des principes fondateurs de la mise en place d’une démarche d’amélioration continue de la qualité des soins, selon la norme ISO 9000 version 2000.

Dans le domaine de l’évaluation des organisations de soins, le référentiel de la procédure d’accréditation des établissements de santé a évolué pour intégrer cette dimension dans sa deuxième version. Aujourd’hui, la qualité doit être totale ou globale.

Elle doit donc concerner le produit mais aussi les services associés, voire l’image que le client peut en avoir.

La motivation du personnel joue un rôle essentiel pour atteindre une bonne qualité perçue par le client.

La maîtrise des processus commence par une bonne connaissance des tâches et de leur enchaînement pour pouvoir mesurer leur efficacité individuelle et globale.

L’amélioration permanente passe par une organisation de l’entreprise qui favorise la prévention au détriment de la correction.

Il est désormais bien établi que les attentes et les besoins des utilisateurs doivent être appréciés dès les premières phases de conception d’un système d’information :

1)« cette difficulté est-elle nécessaire ? » est souvent la meilleure question possible ;

2) la difficulté peut souvent être contournée pour atteindre simplement le résultat ;

3) l'environnement ou la relation avec l'environnement peut être modifié ;

4) une personne ayant une vision globale, un point de vue nouveau, une expérience différente peut réévaluer les solutions, au contraire d'une personne plongée dans son problème habituel ;

5) une sédimentation de paperasses, programmes informatiques, procédures, règlements, peut être remplacée par une solution à la fois simple et adaptée à l'évolution des besoins ;

6) poser constamment la question « pourquoi ? » peut démanteler un problème.

Et surtout, il est possible de reculer d'un pas, et encore d'un pas, pour repenser en amont la difficulté, la recadrer.

Le problème de base dans les efforts de développement des systèmes importants est la communication ; non pas la communication technique entre le matériel et les logiciels, mais la communication sociale entre les partenaires.

Plutôt que de centrer les efforts sur les utilisateurs, on doit faire en sorte que le système s’adapte à l’environnement dans lequel il sera placé. Tout ceci vient du fait que de nombreuses personnes sont nécessaires au développement du système, mais chacune ayant son propre point vue et ne reconnaissant pas le fait que les autres puissent avoir des vues différentes.

C3 : "e-patient : quand la virtualité dépasse la réalité" par R. Bourret

C4 : "Les programmes de gestion de la relation patient au service de l'observance et du bon usage des traitements" par P. Leurent

La gestion des maladies chroniques (diabète, asthme, maladies cardiovasculaires, cancer…) représente un enjeu clef :

  • Pour les payeurs des systèmes de santé occidentaux: 50%-70% des dépenses totales, en croissance soutenue du fait du vieillissement de la population, d’une montée de la sédentarisation et des nouveaux comportements alimentaires.

  • Pour les industriels des produits de santé : 80% du chiffre d’affaires, et un manque à gagner très important du fait de la non-observance aux traitements prescrits (50% selon l’OMS).

L’approche de la gestion de la relation patient (ou PRM, pour « Patient Relationship Management ») est issue de la convergence entre les initiatives des organismes payeurs (le « disease management » américain), des industriels des produits de santé (programmes de compliance) et des institutionnels (projets de télémédecine).

Les programmes de gestion de la relation patient ont les caractéristiques communes suivantes :

  • Un accompagnement du patient en dehors des consultations, orchestré, en fonction des profils de malades, via différents canaux de communication, et permettant un suivi à distance par des professionnels de santé.

  • Une infrastructure technologique basée sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication, permettant un recueil électronique des données des patients, couplé à des interventions personnalisées apportant un soutien tout au long du traitement : aide à la détection de situations à risque et à l’adaptation du traitement, rappels aux malades et aux professionnels de santé…

Les bénéfices des programmes de gestion de la relation patient varient en fonction des acteurs:

  • Pour les fournisseurs de soins et les payeurs : un meilleur contrôle des dépenses via une réduction des hospitalisations et des situations d’urgence dues à des complications évitables en amont, ainsi qu’une meilleure utilisation des ressources humaines et logistiques.

  • Pour les industriels : un renforcement des ventes via une augmentation de la persistence et de l’observance aux traitements, ainsi qu’une visite médicale dynamisée et valorisée.

  • Pour les professionnels de santé : un gain de temps dans la pratique quotidienne, la constitution de registres à des fins de recherche et d’évaluation de la qualité des soins.

  • Pour les patients : une amélioration de la qualité de vie, via un renforcement de l’éducation et de l’observance thérapeutique, ainsi que de la relation patient-médecin

Plusieurs exemples de programmes déjà déployés en Europe et en Amérique du Nord, dans plusieurs aires thérapeutiques, fournissent des résultats concluants en termes d’impact pour chacun des acteurs.

Le Diabcarnet, premier programme français de suivi en ligne du diabète mis en place par l’association d’Aide aux Jeunes Diabétiques et Voluntis, est démonstratif de l’approche qui peut être mise en place en France.

Aujourd’hui, la gestion de la relation patient offre de nombreuses opportunités, mais rencontre des freins à sa démocratisation : financiers, techniques, réglementaires, culturels et organisationnels. Ces obstacles multiples sont cependant en passe d’être surmontés.

C5 : "Un modèle de collaboration générique pour les réseaux de santé" par B. Guisiano

La logique de réseau est fondée sur le postulat que l’efficacité d’une structure repose sur un meilleur niveau d’intégration et de coordination des actions individuelles de chaque partenaire. Si tous s’accordent sur le caractère structurant des outils de coordination pour les réseaux de santé, les approches de cette notion de coordination diffèrent d’un réseau à un autre, voire parmi les acteurs de santé engagés au sein d’un même réseau. Le groupe ENOSIS ("Echanges Normalisés, Organisés et Sécurisés des Informations de Santé") s'est particulièrement intéressé à la coordination des collaborations entre les acteurs, en tant qu'un des  rôles primordiaux du coordinateur d'un réseau de santé. Son but était de proposer un outil d'assistance à cette coordination qui favorise le respect des procédures et des bonnes pratiques propres au réseau avec suffisamment de souplesse pour que ses utilisateurs puissent facilement se l'approprier.

Cet outil est un moteur de workflow dont le modèle permet aux acteurs du réseau de suivre le fil des messages qu'ils échangent entre eux sous la forme de "collaborations". Une collaboration est ici définie comme une séquence structurée de messages (demande, promesse, livraison, réception, etc) entre deux acteurs dont l'un joue le rôle de demandeur (solliciteur) tandis que l'autre est susceptible d'offrir un service (sollicité). Les scénarii récurrents de collaboration font l'objet de "template de collaboration" à partir desquels pourront être créées des instances de collaborations dans un contexte spécifique. La description générique des templates de collaboration au sein du dispositif ENOSIS repose sur un modèle issu de la théorie des actes de langage, le modèle "Conversation For Action" proposé en 1992 par Terry Winograd et Fernando Flores.

Dans le cadre d’ENOSIS, chaque “acte de langage” est supporté par un message électronique. Ce modèle générique permet de décrire une conversation comme une séquence coordonnée d'actes de langages reposant sur :

1) un scénario prototypal (déroulement "normal" de la collaboration) :

  • L'acteur A sollicite l'acteur B.

  • L'acteur B analyse la demande de l'acteur A. (objet et conditions de satisfaction de la demande).

  • L'acteur B s'engage à répondre à la sollicitation de l'acteur A.

  • L'acteur B livre à l'acteur A une réponse à sa sollicitation.

  • L'acteur A valide la livraison effectuée par l'acteur B et clôture ainsi la collaboration.


2) des variantes (succès de la collaboration mais sur un un scénario alternatif) :

  • L'acteur B peut, après analyse de la sollicitation, négocier d'autres conditions de satisfaction à travers l'expression d'une "contre-offre".

  • L'acteur A peut accepter cette contre-offre, la refuser, proposer une nouvelle contre-offre..

 

3) des extensions (actes conduisant à un échec de la collaboration).

  • L'acteur B peut refuser de s'engager à répondre à la sollicitation de l'acteur A.

  • L'acteur A peut annuler sa sollicitation.

  • L'acteur B peut abandonner en cours de réalisation.

Chaque acte de langage est ainsi situé par rapport à l'état de la conversation et l’a fait évoluer en en modifiant l'état qui peut prendre les valeurs suivantes :

- selon le scénario prototypal : en préparation, en cours d'analyse, en cours de réalisation, en cours de réception, achevée ;

- selon ses variantes et extensions : en cours de renégociation, annulée, abandonnée.

Le modèle de workflow d’ENOSIS introduit aussi le concept de "processus" comme un ensemble de collaborations qui se rattachent à un même thème d'action et à un même contexte (patient, acteurs, dates, lieux). Les modèles de processus sont décrits dans des "templates" de processus qui sont instanciés ensuite dans un contexte particulier.

Même si l'on ne dispose pas d'un moteur de workflow, ce modèle peut inspirer une organisation efficace de l'utilisation de la messagerie électronique dans un réseau de santé. Dans un "contrat d'usage" établi entre les acteurs, des règles consensuelles peuvent préciser la façon de composer les messages et de remplir leur champ objet lorsqu'il est utile d'expliciter la nature transactionnelle
des échanges et donc de suivre l'état de la collaboration à laquelle ils participent

SESSION 4 : CARTES DE SANTE ET SECURITE DES ECHANGES

D1 : "La carte vitale et le dossier patient" par P. Bédère

D2 : "Le GIP-CPS : son positionnement et ses évolutions par O de Poyferré

Présentation du GIP-CPS, sa composition et sa mission : Répondre aux besoins de sécurité des échanges électroniques et du partage des données dans le secteur de la santé.

Pour répondre à sa mission, le GIP-CPS a pris la forme d'une ICP (infrastructure à clés publiques) avec ses 3 composantes : une autorité d'enregistrement, une autorité de certification et un service de publication.

L'offre du GIP-CPS en terme de certificats et en terme de services

L'offre du GIP-CPS au travers des industriels : éditeurs et intégrateurs

D3 : "La sécurité des données médicales lors de l'échange entre l'hopital et la médecine de ville" par L. Frigara

Enovacom

Enovacom se positionne en tant qu’éditeur de solutions d’échanges électroniques dans le secteur santé- social. Ces solutions permettent aux acteurs du monde de la santé d’organiser et de sécuriser les échanges avec l’ensemble de leurs partenaires médicaux et administratifs.

L'équipe Enovacom possède l'expérience de nombreux projets d'échanges électroniques du secteur santé social et ses compétences sont reconnues sur l'ensemble des échanges médico-sociaux entre les Etablissements de Santé, les Caisses d'assurance maladie, la Trésorerie Générale, les banques, les réseaux de santé ou les Établissement Français du Sang. Grâce à la combinaison de compétences techniques spécifiques au secteur santé et de ses connaissances sur ses métiers et ses enjeux, la société a développé un savoir faire unique sur le marché.

Les échanges électroniques Professionnels

Enovacom s’appuie, d'une part, sur sa connaissance des technologies traditionnelles d'échanges installées sur la plupart des sites en production mais aussi sur les standards actuels, qui remplacent progressivement les configurations plus anciennes souvent moins rapides et moins sécurisées. Cette double compétence permet à Antares, la plateforme d'échanges, de s’intégrer naturellement dans les systèmes d’information existants.

La sécurité des données médico-sociales

Enovacom possède des compétences pointues nécessaires à la prise en compte de la sécurisation des échanges. Cela concerne les échanges de messages électroniques entre professionnels de santé, les échanges entre différentes applications métiers du Système d'Information Hospitalier, Inter hospitalier ou avec les médecins de Ville, et la sécurisation des accès à un extranet médical.

Objet de la présentation

Nous aborderons les différents points clés de la sécurité lors de la mise en œuvre d’échanges  électroniques visant à améliorer les collaborations entre l’hôpital et la médecine de ville. Nous établirons ainsi une liste de solutions à intégrer aux SIH ainsi que des erreurs à éviter.

D4 : "Les annuaires dans le domaine de la santé" par E. Bouchard

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Posted by Thierry Abiven on décembre 13, 2004 at 03:51 PM dans Dossier santé : compte-rendu événement | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

mercredi, 01 décembre 2004

Rappel des notes les plus lues en 2004 : journée de réflexion autour du DMP : partie 1/3

IB sud organisait jeudi 9 décembre 2004 à Marseille, une journée de réflexion sur le dossier patient. Plus de 170 personnes y participaient avec un parterre d'intervenants fort intéressants.

Ibsud1










L'assistance nombreuse et studieuse

Professionnalisme et rigueur de l'organisation

Dès l'arrivée au campus universitaire de Luminy, sur les hauteurs de Marseille, l'accueil professionnel laissait présager une organisation rompue à ce type de manifestation. Cela a été le cas du début à la fin : signalétique parfaite pour circuler dans le campus, horaires des sessions et maîtrise du temps des intervenants, organisation du déjeuner, audiovisuel dans l'amphithéâtre, tous ces aspects étaient réglés comme du papier à musique! Monsieur LENTINI, responsable de l'organisation, a su faire preuve de tact et de rigueur, afin de faire de cette journée sans couac, une réussite exemplaire.

Il était aidé par la qualité des interventions regroupées en sessions (4 intervenants par session en moyenne) : la qualité des propos étaient à la hauteur des compétences réunies. L'auditoire posait des questions pas toujours faciles qui donnaient lieu à des échanges instructifs.

Ibsud2






Votre serviteur et le Pr Cinqualbre

Des diaporamas powerpoint rébarbatifs

Les intervenants illustraient leurs exposés par des diaporamas powerpoint, projetés à l'écran. Parfois, certaines illustrations auraient méritées un temps de passage plus important afin de bien en saisir le contenu riche et dense. Il est vrai que la projection successive d'une vingtaine de diaporamas par participant finissait par lasser un peu. Il aurait été plus judicieux d'ouvrir une connexion sur l'internet, meilleure façon de démontrer certains procédés exposés, au lieu de présenter des copies écrans! Bref, tout ceci n'a rien de rédhibitoire à surmonter, surtout en cas de réédition de l'événement dans le courant de l'année prochaine, comme le suggérait certains participants.

Partie 2 : le programme  (publiée lundi prochain)

lien avec Ib Sud news : http://www.ib-sud.com/news.php

Posted by Thierry Abiven on décembre 1, 2004 at 08:55 AM dans Dossier santé : compte-rendu événement | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

jeudi, 25 novembre 2004

Le DMP pour thème?

Informedica/Medec 2005
15-18 mars-Paris

Le 22e salon de l'informatique et des NTIC santé au Medec aurait pour thème principal le dossier médical partagé en s'adressant tant aux praticiens libéraux qu'à l'univers hospitalier.
Un congrès permettrait en huit sessions de faire le point sur la santé en ligne en Europe, la sécurisation et la confiance autour du DMP, le dispositif juridique du DMP, l'avenir de la télémédecine, le projet Hôpital 2007 et les SIH, de dossier communiquant du plan cancer (rien que ça...).

Lieu : Palais des Congrès de la Porte Maillot, renseignements [email protected] (j'ai demandé des infos) et www.informedica.tm.fr (URL défaillant à ce jour!).
Dès que je dispose de plus d'infos, je vous les comunique.

Posted by Thierry Abiven on novembre 25, 2004 at 11:13 AM dans Dossier santé : compte-rendu événement | Permalink

lundi, 15 novembre 2004

Compte-rendu colloque DMP : des questions en suspens.

Point_interrogationCe samedi était organisé un colloque intitulé « le DMP en pratique : les médecins posent leurs questions », organisé par la conférence nationale des URML et animé par le Dr Jean-François THEBAUT (président de la commission système d'information URML IDF). L'objectif de cette réunion consistait à mettre en exergue les thèmes importants liés au DMP auxquels il faudra apporter une réponse concrète avant, pendant ou (par défaut) après sa mise en oeuvre.

Le principe du colloque était simple : dix exposés successifs réalisés par dix médecins en provenance des URML régionaux ont développé dix thèmes variés. Une brochette de sept grands témoins avait pour tâche de réagir au contenu des exposés et répondre aux éventuelles questions de l'assistance.

  • Les thèmes les plus intéressants portaient sur le contenu du DMP, son impact dans la pratique quotidienne du médecin, les mécanismes d'identification du patient ainsi que les modalités de consultation et traitement des données du DMP par le médecin.

  • Parmi les grands témoins, se trouvaient Mr Jean Luc Bernard (président du Collectif Inter-associatif sur la santé), le Professeur Jean-Michel Dubernard (président de la commission des affaires sociales à l'Assemblée Nationale), Mr Alexandre Moatti (conseiller NTIC au cabinet du ministre de la santé).

Pour conclure sur le principe du colloque, on regrette simplement que le contenu des exposés se répétaient parfois (quand ils ne se contredisaient pas) malgré une animation intelligente des débats menée par le Dr Thébaut.

 

Des thématiques abordées par les intervenants (exposants et témoins) on retiendra surtout cinq points essentiels (avant que le compte-rendu détaillé soit communiqué sur ce blog à une date non précisée).

En premier lieu, si le DMP s'adresse à tous, un effort conséquent en matière de communication reste à faire pour le faire savoir. Car, d'un mini sondage réalisé le Dr Pencole au sein de son cabinet (en Bretagne), il résulte que le grand public méconnait à 60% l'existence du DMP.  Trois aspects inquiètent les 40% informés sur le DMP : le stockage des données, la consultation (unique?) via le poste du médecin et son usage rendu obligatoire.

En second lieu, le DMP peut (il s'agit d'une éventualité à l'étude actuellement) avoir deux tiroirs : l'un pour le patient (version allégée et vulgarisée du contenu médical) et l'autre pour les pros, les connaisseurs, les savants! Mr Moatti s'est même livré à un éclairage singulier en décrivant le DMP en trois zones : une verte (tout le monde y accède), une orange (on sait qu'il y a une infos mais on n'en sait pas plus...), une rouge (pour les IVG et/ou la psychiatrie). A ceci, un intervenant s'est interrogé sur le masquage des infos compte tenu du fait que le patient a le droit de rejeter le DMP! L'allégorie du feux de la route n'a, en tous les cas, pas l'heur de plaire au député (et professeur) Dubernard qui a maintes fois insisté sur l'impératif de simplicité.

Ensuite, les débats ont porté sur l'identification du patient tant il est vrai que le DMP rend indispensable la mise en place d'un identifiant unique et fiable.

Le point intéressant suivant portait sur un ensemble de questions essentielles posées par le DR Grichy. Qui va créer le DMP? Qui en aura accès (total ou partiel)? Qui supprimera les informations? Quid du refus du médecin à adopter le DMP? En considérant ce dernier point comme acquis d'avance, la salle (composée pour l'essentiel de médecin) est devenue houleuse...

Dernier point : le transfert des données entre le poste informatique du médecin et le serveur (hébergeant les datas du DMP). Le Dr Alexandre, après avoir expliqué que la double-saisie (entre DMP et dossier médecin) serait inévitable, a posé divers problèmes complexes : 20% des médecins resteront sous connexion RTC (rendant la récupération des données difficile), 10% des médecins resteront en zone inaccessible à l'ADSL, etc. Après avoir définit le DMP comme au centre de multiples systèmes d'information (hôpital, radio, biologie, pharmacie, cabinet médical, etc), il a exposé les trois qualités de fond du DMP : regrouper les informations en provenance de systèmes divers, les classer et les synthétiser.

Ce colloque aura permis, sans aucun doute d'apporter des réponses à des thèmes cruciaux pour l'avenir du DMP du point de vue du médecin.
Il aura surtout posé de vraies questions qui devront faire l'objet d'études (terrain) sérieuses (incluant médecins et patients) afin d'éviter les réponses soit trop complexes ou technocratiques, soit inadéquates comme autant de grains de sables évitables dans le déploiement d'un DMP d'un usage simple et donc véritablement pour tous.

Autre compte-rendu disponible "le quotidien du médecin" : http://www.quotimed.com/journal/index.cfm?fuseaction=viewarticle&Dartidx=199240&dnews=136496&Newsid=20041117

Compte-rendu d'Annuaire-secu.com par J.P. Lierville  http://medical28.org/version_2/discussion.asp?id_contribution=738

Posted by Thierry Abiven on novembre 15, 2004 at 10:43 AM dans Dossier santé : compte-rendu événement | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack