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Pas de dossier médical partagé sans refonte d'architecture

Divers2D'ici à 2007, les informations concernant un patient devront être partagées par les professionnels de la santé. Ce qui pose des problèmes d'échange et de format des données.

le 16/09/2004 Marie Varandat  01 Informatique

Dans trois ans, tous les Français de plus de seize ans se verront imposer un dossier médical partagé (ou DMP) s'ils veulent continuer de bénéficier du remboursement des soins tel qu'il est pratiqué aujourd'hui. Outre améliorer les diagnostics et mieux coordonner l'offre de soin, la motivation des pouvoirs publics relève de l'évidence : assainir les comptes de l'assurance maladie en mettant en place des infrastructures de partage de l'information entre les professionnels de la santé, évitant par exemple des actes redondants.

Elaboré par le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Philippe Douste-Blazy, ce plan de réforme tout juste publié au Journal Officiel, devrait générer une économie de 3,5 milliards d'euros par an, selon les dernières estimations du Gouvernement.

Un accès unique aux données cliniques du patient

Pour y parvenir, les professionnels de la santé, et particulièrement les centres hospitaliers, devront refondre leur architecture informatique. Bien qu'informatisés à tous les échelons, ces derniers sont équipés d'applications métier spécifiques à chaque service - cardiologie, obstétrique, cancérologie, etc. Celles-ci ne dialoguent pas entre elles, et encore moins avec les applications des autres établissements médicaux. Or, le DMP prévoit l'agrégation des informations concernant un patient dans un dossier unique, et ce, quels que soient le médecin ou le service, mais également l'établissement consulté.

Les centres hospitaliers sont donc confrontés à un double problème. En effet, pour réunir les informations à leur niveau, ils sont amenés à organiser les échanges entre leurs applications métier et à opérer une transformation des données dans un format standard, qui leur permettra de les échanger avec des tiers. Ceci passe par une urbanisation, c'est-à-dire une cartographie, de leur système d'information. Certains, à l'instar de l'institut Curie, de l'hôpital Lariboisière ou du CHU de Besançon, n'ont pas attendu les directives gouvernementales pour entreprendre ce chantier colossal.

Première étape : faire le ménage en interne en s'appuyant sur des outils de middleware qui favorisent l'accès à des informations formatées en XML. « Le DMP pose avant tout des problèmes d'urbanisation. On ne nous demande pas d'avoir une application unique ou de réunir l'ensemble des informations dans un dossier, mais d'échanger les données. En ce qui concerne les formats, le milieu médical dispose de normes internationales, dont HL7 et IHE » , estime Serge Adam, DSI du CHU de Besançon. La première, Health Level 7, structure dans sa dernière version les informations cliniques en XML. La seconde, Integrating the Healthcare Enterprise, normalise les messages entre applications. Le CHU de Besançon s'est donc appuyé sur ces normes pour mettre en place une infrastructure, dans laquelle la solution d'intégration d'applications d'entreprise de Software AG, EntireX, joue le chef d'orchestre. Extrayant les informations des applications métier, elle les achemine selon des règles préétablies vers d'autres applications.

Au passage, les informations d'ordre légal du DMP sont stockées dans une base de données Tamino, destinée aux échanges avec les hébergeurs. Le plan de réforme prévoit, en effet, la mise en place d'« hébergeurs » qui centraliseront l'accès à l'information. Les données médicales étant très sensibles, ces hébergeurs joueront en quelque sorte le rôle de tiers de confiance.

Dans l'immédiat, toutefois, le plan de réforme ne spécifie pas de format d'échange. Pas plus qu'il ne précise si les hébergeurs stockeront en local toute l'information ou les seuls événements qui leur permettront de rediriger vers les établissements qui la détiennent. Raison pour laquelle l'institut Curie et le CHU de Lariboisière ont adopté des démarches différentes de celles du CHU de Besançon. Sans exclure les normes du milieu médical, ces deux établissements se préparent au DMP avec des projets plus vastes, dépassant le simple cadre de la réforme.

Formater en XML, faute de mieux...

« Les grandes lignes du plan de réforme sont tracées. Mais, pour l'heure, beaucoup de choses restent floues, estime Philippe Rizand, directeur des systèmes d'information et de l'informatique de l'institut Curie. Notamment concernant les formats d'échange avec les hébergeurs. Rien ne dit qu'ils s'effectueront en HL7 ou en IHE. En l'état du plan de réforme, la seule chose qui, aujourd'hui, compte pour nous, c'est d'assurer une interopérabilité potentielle en formatant nos données en XML. J'ai ainsi la certitude que, quelles que soient les directives gouvernementales à venir, nous pourrons nous y adapter. »

En attendant ces spécifications, l'institut Curie a donc opté pour la structuration du dossier médical dans un format XML spécifique. Les informations éparpillées dans les applications métier sont extraites et agrégées dans une base Notes, à l'aide d'une solution d'EAI développée sur mesure. Elles sont parallèlement indexées dans une base Oracle afin de faciliter les recherches d'informations.

Cette architecture est réservée à un usage interne. Les données sont dupliquées dans une base Tamino, qui sert de socle à la consultation externe, via le portail Portalys de l'institut. « Pour l'instant, Portalys est réservé à l'usage des médecins traitants, explique Philippe Rizand. Nous avons retenu cette solution pour des raisons de sécurité, afin notamment de protéger notre informatique interne. Mais la maintenance de deux systèmes coûte cher. L'évolution des technologies, en particulier en matière de sécurité, devrait nous permettre de fusionner les architectures interne et externe, tout en répondant fonctionnellement aux nouveaux modes d'accès au dossier patient. Quelle que soit la solution que nous retiendrons, elle reposera sur notre format XML. »

Structurer les données selon des concepts communs

L'hôpital Lariboisière a retenu une approche similaire avec un projet qui met l'accent avant tout sur la collaboration et le partage interne des informations. Le centre hospitalier travaille depuis quatre ans à la mise en oeuvre d'une solution conçue par la SSII Lincoln et reposant sur XML et les technologies .Net. Baptisée Middlecare, cette plate-forme s'interface avec les applications métier de chaque service, extrait les informations et les agrège dans un portail. « L'ensemble du personnel hospitalier consulte et saisit ses informations dans le portail. Cela étant, l'agrégation des données ne constituait pas notre seule contrainte » , explique le professeur Isaac Azancat, cardiologue en charge du projet.

En effet, depuis la loi du 4 mars 2002, les patients doivent accéder rapidement à leur dossier. « Nous avions besoin d'outils de recherche, de traçabilité, mais aussi de statistiques pour suivre plus précisément nos activités et imputer, par exemple, l'usage d'un matériel lors d'un acte médical dans notre gestion des stocks, poursuit-il. Enfin, les médecins ne sont pas des informaticiens. Il nous fallait donc disposer d'interfaces simples et adaptées à la logique de nos métiers pour mettre en place une véritable infrastructure de travail collaboratif. »

Pour Isaac Azancat, le plus gros du travail n'est pas technique, mais culturel. Il pose également des problèmes de confidentialité, et donc de hiérarchisation de l'information. Il faut amener des services qui ne sont pas habitués à échanger des informations à partager une définition commune. « Qu'est-ce qu'un " tabagiste " ? Quelqu'un qui fume trois cigarettes par jour depuis dix ans ou quelqu'un qui fume deux paquets depuis un mois ? A partir de ces définitions, comment structure-t-on l'information de façon à limiter son accès aux praticiens qui en ont réellement le droit ? » En d'autres termes, selon lui, l'agrégation et la transformation technique des données donnent beaucoup moins de soucis que la mise en oeuvre d'une solution de DMP efficace pour conduire les différents corps de la santé à collaborer.

Rappel : La provenance des articles proposés à la lecture des visiteurs du Blog du dossier médical personnel est clairement indiquée, en début ou fin d'article. La catégorie de cette note est d'ailleurs "revue de presse". L'article en question est proposé (quasi) intégralement au lieu de se contenter d'un lien vers le journal (après un bef extrait). Les liens sont en règle générale provisoires, l'insertion des articles étant a priori, équivalente à la durée de vie du présent blog.

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Voici les sites qui parlent de Pas de dossier médical partagé sans refonte d'architecture:

Commentaires

Nouveau commentaire le 20-10-2005 sur mon commentaire du 17-04- qui vous annonçait la "couleur"

Voir la liste des 6 hebergeurs retenus pour vous en convaincre ...

Les données "intimes " des français livrées aux grands trusts informatiques ? Fiction ou réalité ?

Sans autre commentaire !!

Attention ...

Cet article est tout simplement de la "propagande" orchestrée par les éditeurs poids lourds de l'informatique ( OI Informatique existe grace à leur pub!! ) qui ont en magasin , la solution dite PGI ( progiciel de gestion intégré ) ou ERP ( anglais)

L'idée trés séduisante à savoir qu'une application ( le PGI) est capable de tout prendre en compte depuis le rendez vous du patient .. jusqu'a la rédaction du certificat de décés est en fait .. une belle construction destinée à faire réver .. les acheteurs potentiels .

Comme cette formule , n'a pas eu le succés attendu dans le monde commercial et industriel ( des sociétés ont déposé leur bilan à cause de l'adoption d'un PGI ) ils essayent de se refaire une santé financiére dans le monde de la Santé et le DMP est pour eux une bouée de sauvetage ..d'ou les tractations actuelles en vue de creer de toute urgence des consortiums pour décrocher le marché d'hébergeur du DMP .

Le marché de la santé est trés particulier , car il n' ya pas de financement actuel et potentiel ( qui va payer le DMP) et les acteurs sont multiples avec des besoins et des régles différentes , voire opposées ou contradictoires .
Souhaitons leur bonne chance ...

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