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jeudi, 29 juillet 2004

Le dossier médical informatisé offre de grands avantages

CNIDpar le Docteur Michel GORTCHAKOFF
Président du Comité National d’Information sur la Drogue


Dans le cadre du suivi des patients addictés (dans un état de dépendance à un produit toxique), il est certain que le dossier médical informatisé offre de grands avantages.
Les gens sous l’influence de la drogue sont souvent dissimulateurs, ne disent pas toute la vérité, de façon plus ou moins consciente, et il est de ce fait très difficile de faire un point exact de la situation et delà, de son évolution.

De plus, plusieurs médecins sont souvent appelés à intervenir sur un même patient, ce qui rend très difficile la communication de l’ensemble des informations.

Par ailleurs, la centralisation des informations permet également au patient lui-même d’avoir une meilleure prise de conscience de son état et de sa progression.

Nous sommes donc extrêmement favorable à disposer d'un dossier médical informatisé disponible sur le net. Dans le cadre d’un dossier médical partagé, la responsabilité du dossier est à la fois dévolue au patient, mais également au médecin. Ce qui peut se comprendre pour une maîtrise de la santé publique, mais ceci peut effectivement constituer un frein à son utilisation, non pas en raison des problèmes de sécurité qui peuvent être très bien respectés, mais en raison du manque de confiance d’une partie de la population dans ce type de support , et surtout dans le fait que ce dossier soit rendu obligatoire.

Nous pensons donc qu’un dossier médical informatisé, s’il veut avoir une chance de succès, doit appartenir dans un premier temps, à son propriétaire, c’est-à-dire le patient lui-même.

Pour contacter le CNID : http://www.cnid.org

Posted by Thierry Abiven on juillet 29, 2004 at 10:33 AM dans Dossier santé : polémique | Permalink

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Voici les sites qui parlent de Le dossier médical informatisé offre de grands avantages:

Commentaires

Esope, si je me rappelle bien, a dit "la langue est la meilleure et la pire des choses". Est-il souhaitable qu'on en dise autant du dossier médical partagé ?
On a voulu "responsabiliser" le patient. Louable intention. Mais est-ce "responsabiliser" quelqu'un que de lui dire "Si tu ne tiens pas ton dossier tu seras moins bien indemnisé" ? En d'autres termes, le bâton "responsabilise"-t-il l'âne ? A mon sens non ! Il le "dresse".
On ne "responsabilise" pas quelqu'un. On lui permet de "prendre ses responsabilités". Et la nuance sémantique est de taille. Ne vaudrait-il pas mieux faire comprendre à l'assuré que l'accès de tout médecin à son dossier médical est DE SON INTERËT ?
Il me semble que l'on aurait pu, au départ, se contenter d'un accès à un certain nombre d'informations SIMPLES : QUEL(S) MEDECIN(S) le patient a-t-il consulté(s), et A QUELLE(S) DATE(S).
On a déjà à ce stade pas mal d'informations, selon que le patient a vu un seul médecin il y a dix ans, ou douze dans le courant du dernier mois.
Et rien qu'à ce stade existent déjà de multiples possibilités d'indiscrétion. Si l'on s'aperçoit, par exemple, de ce que le patient voit régulièrement un psychiâtre, ou un cancérologue, ou un hématologue, quelles questions peut-on se poser ? Et surtout, selon la personnalité de "on" – médecin, assureur, futur employeur – quelles REPONSES ce monsieur ou madame "On" peut-il imaginer ?
Un MEDECIN, en possession de ces informations, peut éventuellement DEMANDER des informations à son confrère, mais ce dernier ne devrait pas avoir d'OBLIGATION de les donner, fût-ce à un autre médecin, sans être assuré de l'accord FORMEL du patient.
Il pourrait être intéressant que tel médecin puisse avoir accès, sans trop de difficultés, aux diverses prescriptions faites par ses confrères, ne fût-ce que pour éviter les prises de médicaments dont l'association est contre-indiquée, aux derniers résultats des analyses, car rares sont les patients qui viennent avec leurs données ou sont capables de s'en rappeler les dates et les valeurs.
Il pourrait être intéressant que tel médecin puisse avoir accès, sans trop de difficultés, aux données d'imagerie et à leur comptes-rendus.
C'est déjà beaucoup. Et, à partir de ces simples informations, tenter de faire participer le malade à la gestion de sa santé. Car le malade d'aujourd'hui a une fâcheuse tendance à se comporter comme un nourrisson, et à SUBIR sans discuter, sans même demander d'explications, ce que lui "ordonne" un médecin. Si, au contraire, il cherchait à COMPRENDRE, peut-être "dépenserait-il mieux, comme le souhaite notre cher Ministre. Il est douteux qu'il "dépense mieux" grâce au Dossier Médical Partagé tel qu'on peut l'imaginer à la lecture des textes adoptés par les politiques.
On peut comprendre le point de vue du Dr GORTCHAKOFF à propos des toxicomanes : il est certes difficile d'obtenir de ces derniers des informations fiables. Il n'est, en effet pas mauvais que les toxicomanes soient d'une certaine manière "surveillés". Justement parce qu'on peut mettre en doute leur sens des responsabilités.
Mais est-ce une raison suffisante pour imposer à l'ensemble de la population un ensemble de contraintes administratives dont on s'apercevra très probablement, au bout d'un certain temps, qu'elles sont d'une lourdeur qui les rend inutilisables… Et ne risque-t-on pas, si l'on cherche à IMPOSER aux assurés des contraintes mal expliquées, donc mal comprises (cocher la case X, pas la case Y, ne pas oublier le numéro d'identification du conjoint etc…, on peut faire confiance à nos administratifs), ne risque-t-on pas d'aller à l'encontre du but visé et de les "déresponsabiliser" encore davantage ?


Rédigé par: Viardot | août 2, 2004 05:32 PM

Bonjour, Docteur Michel GORTCHAKOFF,

Une petite précision: êtes vous vous-même un médecin soignant ? Serez-vous vous-même appelé à remplir ces dossiers informatisés au nom des patients ?

Vous dites: "Les gens sous l’influence de la drogue sont souvent dissimulateurs, ne disent pas toute la vérité, de façon plus ou moins consciente, et il est de ce fait très difficile de faire un point exact de la situation et delà, de son évolution."
Si ces gens savent que leurs confidences seront étalées sur le net, pensez-vous qu'ils en deviendront moins dissimulateurs ? "Dissimulateur" ne me semble pas un mot employé par des soignants, car un soignant sait que si le patient lui cache certains faits, c'est qu'il n'a pas confiance. Ce n'est pas de la dissimulation. C'est vraisemblablement l'expression d'un malaise, d'une souffrance de non intégration dans notre société, y compris dans notre société de soignants. Nous sommes là autant en échec qu'eux. Il me semble que le mot "dissimulateur" est plus un mot employé par des enquêteurs. Ce qui me fait penser que vous n'êtes pas soignant. Mes excuses si je me trompe.

Vous dites: "De plus, plusieurs médecins sont souvent appelés à intervenir sur un même patient, ce qui rend très difficile la communication de l’ensemble des informations.
Par ailleurs, la centralisation des informations permet également au patient lui-même d’avoir une meilleure prise de conscience de son état et de sa progression."
Or, nous sommes tenus au secret professionnel aussi de soignant à soignant, et je ne vois pas comment cela fera prendre conscience au patient de son état. Si le patient est soigné de par sa propre décision, ça ne changera rien. Et si on le "contraint" à se soigner, on court à l'échec. Votre dossier partagé ressemble fort à un rapport d'interrogatoire en règle !

Vous dites: "Dans le cadre d’un dossier médical partagé, la responsabilité du dossier est à la fois dévolue au patient, mais également au médecin"
Je ne vois pas comment la responsabilité peut en incomber au patient, qui ne peut juger de toutes les conséquences médicales et extra-médicales de ce qui y sera écrit; chacun sa spécialité. Exactement comme moi je ne peux entièrement juger du travail de mon garagiste, je l'ai choisi (et croyez-moi, j'ai cherché !), je lui fais confiance tout en sachant que chacun a ses limites. Je n'ai pas fait d'études de mécanique.

Vous dites: "Nous pensons donc qu’un dossier médical informatisé, s’il veut avoir une chance de succès, doit appartenir dans un premier temps, à son propriétaire, c’est-à-dire le patient lui-même."
Savez vous combien de patients, chez moi, ont internet ? pour être propriétaire d'un bien, il faut y avoir accès.
On est là aussi dans la propriété virtuelle.
Et il n'est pas dit qu'avec tout se qui se met en place en ce moment, en méthodes de surveillance, en méthodes de prospection, internet séduira tout le monde !

Quant à la méfiance de la population pour ce type de support, je la constate le plus chez les gens informés, les informaticiens, les spécialistes de la transmission et j'en connais.

Si c'était aussi sûr et aussi séduisant, il n'y aurait nul besoin de soumettre les remboursements à cette pratique, nul besoin de ce chantage-là. Connaissez vous le nouveau terme employé par nos dirigeants pour obtenir notre consentement ? CONSENTEMENT OBLIGÉ du patient ! Bel oxymoron de plus pour ne pas dire qu'ils nous prennent pour des imbéciles !

Veuillez m'excuser de ce réflexions, elles émanent d'un médecin soignant qui a accepté de prendre le risque de se déconventionner, le risque de mort professionnelle, et qui accepte d'avoir perdu la moitié de ses revenus pour lutter contre ces méthodes.

Alors qu'il serait si simple, notre dossier médical nous appartenant maintenant à tous, de par la loi, de le détenir par devers nous et de le présenter à tout médecin de notre choix.

Mais bien sûr, pour les statistiques, ce sera moins facile. Ce qui prouve bien que cela servira aussi aux statisticiens.

Martine Marchand

Rédigé par: martine marchand | juillet 31, 2004 12:27 AM

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